Après le diagnostic

Je n’ai pas écrit du tout depuis mon diagnostic.

J’y ai pensé, je me suis dit à maintes reprises: « tu as un blog sur l’autisme, tu es autiste, tu as plein de choses à dire sur le sujet, qu’est-ce que tu attends? ». On peut dire que j’étais à bout de souffle. J’ai l’impression d’avoir couru un marathon qui a commencé des années auparavant et d’avoir atteint l’arrivée à mon diagnostic.

J’arrive difficilement à me projeter, à savoir ce que je vais faire de ma vie. Savoir avec certitude que je suis autiste fait que je ne me laisserai plus jamais piétiner à cause de mes particularités. Mais comment faire pour ne pas m’enfermer dans ce diagnostic, me fermer des portes et à des rencontres?

Je réfléchis beaucoup, tout le temps. Je me rends compte que l’autisme et les débat qui l’entourent vont bien au-delà de ce que je pensais, qu’il s’agit d’un débat politique qui concerne toute la société, au-delà du milieu médical. Le clivage comportementalistes vs psychanalystes s’articule dans un contexte où prévalent de plus en plus les idées réactionnaires, l’obsession de la normalité, le productivisme. Les choix binaires, quoi de plus simple…

Je me prononcerai sûrement dans un avenir proche sur la question, lorsque mes opinions seront plus solides. Une chose est sûre: ni les psychiatres ni les associations aux buts douteux et aux discours fallacieux ne me récupéreront.