Je suis autiste et je t’emmerde

Haha, je savais que j’allais t’attirer avec cet titre racoleur! Trêve de plaisanteries, je constate que je n’ai pas raconté la suite de ces événements qui m’avaient un peu (trop) chamboulée. Ce titre est donc une réponse au fameux « Tu pourrais faire un effort ». Oui, je pourrais faire un effort. Mais bizarrement, c’est toujours aux mêmes personnes de faire des efforts, donc je choisis de te dire que je t’emmerde. Tant pis, c’est la vie, tu t’en remettras.

Où en étions-nous? Ah oui, cette conversation avec cette collègue / supérieure hiérarchique (le statut n’a jamais été précisé entre nous). En bonne autiste que je suis, j’ai cogité tout le WE au sujet de ce qu’elle m’avait dit, en essayant de percevoir ses intentions. Et plus j’y pensais, plus je me mettais en colère contre elle. Je savais, sans le nommer, qu’il y avait quelque chose de malsain dans notre relation, comme une tentative de sa part pour assurer sa domination sur ma personne (pour ceux.lles non-familiarisé.es avec le jargon de la sociologie, je précise que je ne parle pas de BDSM). Et ça partait beaucoup trop loin. Dimanche soir, donc, j’étais déterminée à arrêter mon contrat. Heureusement, au sein de cette asso il existe des personnes avec qui je ne travaille pas mais avec qui je m’entends plutôt bien. J’ai pu expliquer la situation à l’une de ces personnes, qui m’a proposé de venir travailler dans son secteur. Résumons: quitter un travail bof, avec pour collègue une connasse moralisatrice, pour faire un taf plus intéressant avec des gens sympas? Oh que oui! Mais avant tout, il fallait convenir une réunion avec ma collègue pour parler de cette transition.

Cette réunion c’est trèèèèès mal passée. Mon ancienne collègue a explosé, me reprochant plein de choses qu’elle n’avait pas abordées avec moi de façon explicite. Je me suis rendu compte du problème: elle fait partie de ces gens qui cherchent le double sens à tout ce que vous lui dites. Tu m’étonnes qu’on étaient mal barrées, elle et moi. Si je lui dis « Il fait froid », elle va penser que je le lui reproche et m’en vouloir. Mais va te faire soigner, ma vieille.

Je n’ai pas non plus gardé ma langue dans ma poche. Je lui ai dit que je me passais de ses conseils comportementaux, qu’on était pas potes, et que si elle interprétait tous mes dires c’était son problème, pas le mien. Maintenant on ne peut plus se blairer, allez savoir pourquoi.

Aujourd’hui je me sens beaucoup plus à l’aise sur mon nouveau lieu de travail et oh, surprise! il paraîtrait que je ne suis pas la seule à avoir eu des problèmes avec cette personne à cause de son autoritarisme. En effet, quelques personnes m’ont raconté leurs propres mésaventures avec cette femme et il semblerait que je ne sois pas un cas isolé. J’aurais juste rendu visible un rapport de domination et comme toujours, cela a été bénéfique pour moi -l’autiste qui vous emmerde- mais aussi pour les autres.

Une réflexion sur “Je suis autiste et je t’emmerde

  1. > pour ceux.lles non-familiarisé.es avec le jargon de la sociologie, je précise que je ne parle pas de BDSM

    Certains autistes feraient-ils la confusion ? S’ils jouissent au coup de fouet, pourquoi pas.

    > elle fait partie de ces gens qui cherchent le double sens à tout ce que vous lui dites

    Ça porte un nom, ce comportement maladif ? Effectivement, j’ai déjà rencontré le cas. Il est important de ne pas se trouver seul·e face à ces gens (t’as vu, même sur mon ordiphone, je suis foutu d’avoir un point médian).

    Bon ben ça se finit bien alors ! Ça fait plaisir.

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