Le monde de Nathan: têtes à claques et représentations

Alors voilà, hier soir était une de ces soirées où je savais que j’allais me délecter devant une daube, c’est à dire le film au pitch le plus racoleur qui me convaincrait de lui accorder 1h30 de mon existence. Moquez-vous, mais c’est de cette manière que j’ai découvert de véritables perles comme Pitch Perfect, alors non, rien de rien, je ne regrette rien. Ça faisait un moment que le film Le monde de Nathan me faisait  de l’oeil. Mais bon, vous me connaissait. L’histoire d’un gamin autiste, blanc, issu de la classe moyenne et fort en maths, euh, comment dire:

Tu m'ennuies à mourir, et je suis déjà mort. J'en re-meurs d'ennui.
Tu m’ennuies à mourir, et je suis déjà mort. J’en re-meurs d’ennui.

Oui, désolay, mais étant une meuf ET ayant largement montré mon incompétence en maths (M. Crâne d’oeuf, mon prof de maths en quatrième, si tu me lis, kikou), j’avais peu de chances de m’identifier au personnage et m’attendais à voir un concentré de clichés sur l’autisme ou le SA. Finalement, ce film m’a fait réfléchir et s’est avéré être moins pourri que ce que j’espérais (j’avoue, j’étais un tantinet déçue).

Nathan, cette tête à claques

J’ai immédiatement épprouvé une vive antipathie pour le personnage principal, Nathan, qui se comporte de manière insultante, voire dictatoriale avec sa mère: il y a 8 beignets de crevettes et pas 7, c’est pas un nombre primaire, tu fais tout mal; tu n’es pas assez intelligente pour comprendre les maths, bref, il passe son temps à l’offenser alors qu’elle fait tout pour que son bébé-d’amour soit au mieux, surtout après le décès de son papa. J’avais envie de le prendre entre quatre yeux et lui dire « Bon maintenant ça suffit, ton cinéma, être autiste ne justifie pas des comportements de merde, alors tu les bouffes, tes beignets et t’arrêtes de faire chier. Merde à la fin ». C’est alors que je me suis souvenue de la manière dont ma mère parle de mon adolescence. Ah oui, j’ai peut-être « nathanisé » ma mère plus d’une fois, maintenant que j’y pense… J’ai peu de souvenirs de mon enfance et de mon adolescence, mais ma mère en garde des souvenirs impérissables en ce qui concerne des comportements offensants. Par exemple, à douze ans, quand elle venait nous chercher à l’arrivée du car scolaire, ma soeur et mon frère lui faisaient un bisou tandis que je traçais ma route en poursuivant ma lecture d’un énième livre, sans un regard, sans un bonjour. Ado, je me souviens de toujours avoir considéré mes parents comme des ratés, je ne me suis sûrement pas privée de le leur faire savoir. Bon okééé, j’étais trash aussi. Je crois également que j’ai traumatisé ma mère en refusant très jeune tout contact physique avec elle. En fait, je crois que j’ai traumatisé ma mère tout court, à vie.

Moi, quand je comprends que j'ai des points en commun avec Nathan
Moi, quand je comprends que j’ai des points en commun avec Nathan

Yoda, la compétition incarnés

Nathan est sélectionné pour participer aux Olympiades Internationales de Mathématiques (j’ai eu de l’urticaire rien qu’en entendant le nom) et part à Taïwan pour le camp de préparation. Il s’intègre plus ou moins dans le groupe de jeunes, mais cela n’est dû qu’au fait qu’au sein de ce groupe se trouve « Yoda », que je nommerai de cette façon, ne me souvenant plus du nom de ce personnage: il parle de façon ampoulée, à la manière de Yoda dans Star Wars, se montre hautain et autoritaire à en exaspérer ses camarades. Si Nathan passe donc inaperçu, c’est donc grâce à Yoda, qui est imbuvable aux yeux des autres. On se doute bien que Yoda est Asperger as fuck, comme Nathan, mais les deux garçons sont complètement différents. Tandis que Nathan est réservé et peu sûr de lui, Yoda semble très expansif et bavard, même s’il use et abuse de la parole pour se plaindre continuellement des gens qui n’abondent pas dans son sens.  On comprend plus tard que Yoda s’auto-mutile avec son compas et reproduit les dialogue de sketchs des Monty Pythons quand il se sent en territoire hostile, provoquant l’hilarité de ses congénères. Yoda et Nathan ont des résultats plutôt médiocres aux tests, ayant des difficultés à se concentrer pendant les épreuves à cause des multiples micro-bruits environnants. Quand Yoda est recalé, Nathan le trouve la nuit, dans les toilettes, son bras en sang (il dédramatise en disant qu’il y est « juste allé un peu trop fort ») et demande à Nathan:

« J’imagine que toi aussi tu as été diagnostiqué? Moi on m’a dit que ça faisait de moi quelqu’un d’unique, que j’étais bizarre, oui, MAIS aussi doué. Mais si on n’est pas doué, on est juste… bizarre, c’est ça? ».

Si le film me semble avoir peu d’intérêt en général, je trouve que cette séquence est très forte. Il y a cette « nécessité » pour les autistes d’être talentueux.ses dans un domaine, et le fait qu’on se penche autant sur l’existence d’un intérêt spécifique dans le diagnostic montre à quel point cet aspect de nous est important aux yeux des non-autistes: si l’on veut excuser nos bizarreries, il faudra donner quelque chose en échange, être des bêtes de foire, étonner les masses. C’est le poids qui pèse sur les épaules de Nathan et de Yoda, il s’agit de prouver qu’ils ne sont pas QUE bizarres, cet enjeu des Olympiades est bien plus grand (et dangereux en cas d’échec) que pour leurs camarades. Le film montre bien à quel point la compétition ne leur sied ni à l’un ni à l’autre: Yoda est insupportable et continuellement au bord de la crise de nerf et finit par s’auto-mutiler, tandis que Nathan obtient de piètres résultats et ne parvient pas à tirer du plaisir des mathématiques, elles qui étaient, jusqu’à présent, une source de réconfort et de plaisir intense.

Yoda incarne également à mes yeux cet « effet miroir » que l’on a entre autistes: quand l’un.e d’entre nous se comporte de manière grossière et dérangeante, on a l’impression de nous regarder nous-même, on se demande avec appréhension: « dans quelle mesure les autres ne me voient-illes pas comme cela, moi aussi? ».

Les femmes à l’écran: rien de nouveau

Les rares figures féminines qui sont représentées dans ce film sont très clairement décevantes. Il y a la mère angoissée et dévouée, qui souffre du comportement de son fils. Il y a la seule fille de l’équipe de maths américaine avec qui Nathan part au Taiwan, elle doit avoir 5 lignes de dialogue dans tout le film à tout casser, elle joue du piano, bref, on ne sait pas qui elle est. Il y a son binôme, jeune fille chinoise qui colle au trope de la Manic Pixie Dream Girl et dont on sait peu également. Autant vous dire que le film échoue lamentablement au Test Bechdel. Toute la construction des personnages féminin du film est axée autour du « héros », aka Nathan, chacune de leur apparition à l’écran est vouée à montrer qu’elles se soucient de Nathan, et on fait bien sûr l’impasse sur leurs envies à elles, leurs ambitions. Il existe une exception dans le film: *SPOILER quand la mère de Nathan se tape son prof, un homme qui a la sclérose en plaque*, cette scène mise à part, les femmes sont cantonnées au care, ce qui laisse à désirer en terme de représentations.

Un film mignon qui procure quelques pistes de réflexions, sans plus

Je n’ai pas détesté ce film. Je ne suis pas une fan non plus. J’aimerais voir à l’écran des femmes autistes, des autistes non-blanc.ces aussi, des autistes nul.les en Maths, des autistes sociables comme je le suis moi-même, des autistes qui de l’humour, bref, des autistes RÉEL.LES comme j’en vois et côtoie autour de moi, car je ne suis pas la seule à être lassée des mêmes représentations autistiques: le garçon blanc, timide, hétéro, fort en Maths et désagréable avec les gens qui se démènent pour lui. Cette représentation des autistes n’est qu’une infime partie de la population autistique et est, à mes yeux, la moins intéressante.

Pour plus d’infos sur l’importance des représentations dans les séries et le cinéma:

L’excellent blog BD de Mirion Malle, Commando Culotte

Le blog Le Cinéma est Politique

La bande annonce de Le Monde de Nathan: 

7 réflexions sur “Le monde de Nathan: têtes à claques et représentations

  1. Je sais pas pourquoi ça me fait penser à ce documentaire sur France 2 qui est passé il y a quelques temps, « le cerveau d’Hugo », qui a traité de l’autisme en général mais lorsque ils invitent des aspies pour l’interview, on dirait qu’ils ont fait un casting des caricatures d’un aspie : Binoclar au regard inexpressif, ne sachant pas s’habiller, qui ne comprend rien aux jeux de mots et au second degré et oui bien plus important…c’est un génie des maths !
    Je suis Aspi, je suis Rugbyman à un niveau très correct, les jeux de mots et contrepèterie et une tradition dans ma famille et je suis une bille en Maths ( ça équivaut à lire du Mandarin pour moi). Donc comme tu dis, arrêtons les clichés façon Sheldon Cooper dans The Big Bang Theory (superbe série mis à part ça).

  2. Toujours aussi pertinente et incisive (je vais peut-être un jour faire lire un de tes textes par mes élèves pour qu’ils arrêtent de m’écrire des platitudes compassées) … j’abonde dans ton sens et ne réagirai que sur le seul truc qui me fait tiquer, moi qui suis sensible à l’idée de neurodiversité : pourquoi, du juste constat que les non autistes se font une caricature des aspies à partir de quelques individus qui leur conviennent, pourquoi donc à partir de là tomber dans le jugement « la partie la moins intéressante » dis-tu pour clôturer, « binoclar inexpressif » poursuit Martin dans son commentaire … je crois pas que ce soit utile, eux n’ont pas demandé à être manipulés pour servir à cette représentation de l’autiste, et je suppose qu’ils vous emm… 😉 voilà c’est juste un tout petit bémol : cassez les stéréotypes, pas les gens dont on s’est servi pour les créer,

    et sinon à l’inverse, heureux de lire le témoignage de Martin sur les jeux de mots, en plus de ce qu’écrit la fille pas sympa et d’autres, ça peut aider des borderline comme moi à élargir la représentation de l’autiste et à se demander, j’irai quand-même pas le faire ce diagnostique ?

  3. J’aime beaucoup Sheldon, mais il est vrai que cette seule et unique représentation des autistes dans les médias et la culture ne joue pas en la faveur de celles et ceux qui ne collent pas à ces clichés. Comme tu le dis, vivent nos multiplicités!

  4. Merci pour ton commentaire, il ne s’agit en aucun cas de mépriser les autistes qui entrent dans ce moule, mais il faut bien avouer qu’on a tendance à privilégier ce modèle dans les représentations, et le résultat est que pleins d’autistes se baladent dans la nature sans avoir accès à un diagnostic. Par exemple, j’ai une RQTH et l’AAH, un diagnostic d’autisme, et quand je veux faire valoir mes droits en tant que personne en situation de handicap, il y a toujours quelqu’un -travailleur social, souvent- qui me sort « Le cerveau d’Hugo » comme exemple pour pinailler et me dire que je ne semble pas autiste et remettre en question mes droits, alors que J’AI UN DIAGNOSTIC ET UNE RQTH BON SANG, je ne sui spas censée continuer de me justifier éternellement alors que des professionnels ont fait leur travail avec moi. Donc non, les binoclards à lunettes n’ont pas à porter l’incompétence de ces gens sur leur dos, mais les réalisateurs de films et les producteurs TV ont en revanche des responsabilités quant aux représentations qu’ils véhiculent, car les effets dans nos vies sont bel et bien réels.

    Et sinon, pour ce diagnostic, tu nous tiens au courant? 🙂

  5. Mon stéréotype de la personne autiste en ce moment c’est Sherlock… Approuvé ou pas ? (non, en vrai je crois qu’à force de lectures croisées de différents blogs de gens directement concernés, comme toi, je commence à me faire une idée relativement complexe et proche de la réalité…) mais quand même, c’est du déjà-vu ou ça passe ?

  6. Je voudrais juste modérer un peu les commentaires ci-dessus.
    Bien qu’il ne s’agisse pas de faire de l’Aspie « très pointu dans un domaine » (j’ai hésité à choisir mes mots, ne voulant pas paraître trop prétentieuse) un stéréotype ou une généralité, il ne s’agit pas de ne pas montrer du tout ce genre de cas non plus.
    Je pense qu’on aborde là une différente problématique, à laquelle je suis personnellement confrontée tous les jours. Je suis Aspie, et j’ai des capacités élevées dans tout ce qui est du domaine du langage, de l’écriture, de l’expression verbale (et par extension des systèmes de syntaxe en général). La plupart de mes intérêts restreints ont toujours tourné autour de ces systèmes, d’ailleurs. Sans doute en partie pour compenser mes gros déficits dans la compréhension de la communication non-verbale et des situations sociales, dans lesquelles je me suis une vraie quiche.
    Le problème est que, de très nombreuses fois, j’ai fini par ne plus être considérée que pour mon cerveau. Des relations amoureuses foireuses où le seul compliment qui ressortait était « c’est ta pensée tellement complexe qui me fascine » « ce que je préfère, c’est parler de philosophie avec toi », aux situations où lorsqu’un prof où quelqu’un me suivant découvre ma manière de fonctionner et commence à essayer de pousser mes capacités à leur maximum, c’est aussi extrêmement insultant et attristant.
    Mes émotions ont toujours été peu considérées, mon entourage pensant que je n’en ai pas – dans les moments où je me sens vide de l’intérieur, où je n’arrive même pas à distinguer les plus basiques ou tout simplement où elles ne s’expriment absolument pas et où j’ai l’air froide comme un glaçon – ou que j’en ai trop – dans les moments où tout me surcharge de sens, et où le moindre imprévu ou le moindre évènement me fait surréagir, que ce soit dans la joie, ou plus négativement, en provoquant des énormes crises de colère ou de panique que je n’arrive pas à maîtriser-. Beaucoup pensent que je fais un caprice, et de même pour ma (très réduite) sociabilité, que mes amis (j’en ai, et de très bons) considèrent toujours comme un sacrifice que je fais au prix de mes intérêts.
    Bon, voilà, tout ça pour dire que je rentre assez bien dans ce cliché de l’Aspie montré dans Le monde de Nathan (et j’en connais un ou deux autres qui y correspondent aussi). Il s’agit donc de ne pas cracher sur ce genre de figure, et, comme vous le dites, en parallèle, de montrer tous les profils de troubles du spectre autistique, qui, comme on le sait, sont très variés et très larges et sont bien la cause de l’incrédulité des autres face à ce syndrome.
    Bonne journée 🙂

  7. Alors voilà, hier soir était une de ces soirées où je savais que j’allais me délecter devant une daube, c’est à dire le film au pitch le plus racoleur qui me convaincrait de lui accorder 1h30 de mon existence. Moquez-vous, mais c’est de cette manière que j’ai découvert de véritables perles comme Pitch Perfect, alors non, rien de rien, je ne regrette rien.

    Je ne comprends pas ce dont on devrait se moquer… Le moment le plus drôle dans ces deux phrases, c’est la toute fin — et encore… Non, en fait ça me fait vraiment rire, mais j’ose pas l’avouer.

    vous me connaissait

    Euh, quand je lis quelque chose comme ça, non, j’ai envie de dire que je ne te connais pas !

    8 beignets de crevettes et pas 7, c’est pas un nombre primaire

    Les nombres primaires ! Je ne les connaissais pas, ceux-là. Je jouais déjà avec les premiers, les puissances et tout un tas d’autres trucs… Une nouvelle série dans ma collection. Merci !

    Moi, quand je comprends que j’ai des points en commun avec Nathan

    Et oui, ma pauvre… Mes dernières nathanisations ne sont pas si vieilles — car ma prise en charge psychiatrique m’a tout simplement conduit vers du désordre psychologique où j’essayais de reconcevoir ce qui était bon, donc je testais de nombreux comportements —, et je peux te dire que j’ai souvent été comme ça, et je le suis encore même si c’est avec davantage de légèreté !

    Nathan est sélectionné pour participer aux Olympiades Internationales de Mathématiques (j’ai eu de l’urticaire rien qu’en entendant le nom)

    Les OIM, voyons ! J’ai voulu participer aux IOI mais c’était la période où j’étais incarcéré (en hôpital de jour, mais mon dictateur de psy faisait tout son possible pour que je ne voie rien d’autre que lui et son monde divin), je n’ai même pas pu participer à la finale française… J’étais pas vraiment bon mais bon la concurrence n’était pas hyper rude. Aujourd’hui elle l’est beaucoup plus, France-IOI commence à être très connue (elle se diffuse dans les écoles du secondaire) ! En particulier je me sens trop baisé par Arthur et Théo.

    Tandis que Nathan est réservé et peu sûr de lui, Yoda semble très expansif et bavard, même s’il use et abuse de la parole pour se plaindre continuellement des gens qui n’abondent pas dans son sens.

    Selon le contexte, j’ai pu connaître les deux attitudes. Le comportement de Nathan, c’est surtout avec les adultes que je l’ai eu. Il fallait masquer mes douleurs pour éviter que mon père se sente encore culpabilisé par les remarques à mon sujet. Tandis que provoquer sans cesse mes camarades était plutôt drôle et c’est rarement monté aux vieux.

    cet enjeu des Olympiades est bien plus grand

    Exactement, comme mes participations à Prologin. Je pleurais une fois rentré de la finale. Mais je voulais absolument montrer que je faisais partie de l’élite, pour les yeux des autres.

    quand l’un.e d’entre nous se comporte de manière grossière et dérangeante, on a l’impression de nous regarder nous-même, on se demande avec appréhension: « dans quelle mesure les autres ne me voient-illes pas comme cela, moi aussi? ».

    Ha oui… Grandir, c’est si compliqué…

    le garçon blanc, timide, hétéro, fort en Maths et désagréable avec les gens qui se démènent pour lui

    Et merde, je suis tout ça, je suis vraiment désolé… Ah non, sauf le dernier point.
    Mais je suis quand même plus original que ça… J’espère…

    eux n’ont pas demandé à être manipulés pour servir à cette représentation de l’autiste, et je suppose qu’ils vous emm…

    Je confirme. Euh, non ! C’est pas vrai, je vous emmerde pas du tout ! Je suis encore un de ceux qui se « baladent dans la nature », moi, d’ailleurs.

    mes gros déficits dans la compréhension de la communication non-verbale

    Ça commençait si bien pourtant… Faut pas de trait d’union, voyons ! Avec « non » et « quasi » le trait d’union ne se met que dans le cas d’un substantif.

    « ce que je préfère, c’est parler de philosophie avec toi »

    Préciser que tu le prends à la façon d’Einstein. Pour autant je ne trouve pas ça insultant, moi je m’en sentais plutôt flatté, ça contrebalançait mes difficultés et ma bizarrerie (ça le fait toujours) ; je dirais plutôt que c’est antipathique — ben tiens, c’est exactement ce que tu dis en dessous —, mais l’insouciance et la subjectivité des autres était pour moi une malfaisance fatale dont je faisais facilement abstraction dans mes schémas du social.

    tout ça pour dire que je rentre assez bien dans ce cliché de l’Aspie montré dans Le monde de Nathan (et j’en connais un ou deux autres qui y correspondent aussi)

    Ah, je te remercie ! (Enfin quand même, on a autre chose dans notre vie que ce qu’exprime ce cliché…)

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