« Range ta chambre ! », ou comment gérer sa porcherie.

Si vous aussi avez toujours pensé que vous êtes trop jolie pour être concernée par les bassesses matérielles du ménage, ce post est pour vous.

Un drame existentiel personnel et intemporel

Ma mère adore me foutre la honte raconter que quand j’étais enfant et adolescente, on ne pouvait « pas mettre un pied devant l’autre » dans ma chambre. Malgré sa tendance à tout dramatiser, elle décrit un fait factuel, cette fois, concernant ma propension à vivre dans un chaos innommable.

Cette grande dame ignore le pire : j’ai conservé cette tendance pendant une longue période de l’âge adulte. Quand j’avais mon appartement à moi seule, en Espagne, j’avais une chambre d’ami que j’avais désigné « la pièce Sarajevo » : tout ce qui devait être rangé, plié, trié, etc, échouait dans cette pièce, constituant une pile inquiétante, que j’ignorais en fermant la porte. « Comme c’est propre et bien rangé, chez toi », s’exclamaient les rares visiteurs, tandis que je verrouillais discrètement la pièce incriminée. J’aime à penser que cette pièce représente tous les traumatismes et les problèmes psychologiques que j’avais bien l’intention d’ignorer à vie (oie blanche que j’étais), mais je m’égare.

L’ordre et la symétrie dans mon environnement me procurent une dose de satisfaction essentielle, mais je devais bien avouer deux choses :

  1. Je n’arrive pas à ranger. Comme un plugin qui manquerait à mon système.
  2. Je n’ai aucune envie de le faire.

Je me suis donc habituée à vivre dans un désordre relatif, stockant quelque part les objets dont je ne voulais pas m’occuper, me laissant dépasser par mon propre bordel quand j’étais concentrée sur quelque chose. Il faut voir l’état de mon bureau, après avoir travaillé dix heures d’affilée sur une tâche prenante : c’est une scène de guerre.

Un déclic

Je ne sais pas exactement à quel moment je me suis soudainement passionnée par les questions ménagères. Je pense que je devais chercher une recette de produit ménager (spoiler : c’est toujours le vinaigre blanc) (le vinaigre blanc est probablement la réponse à tous les dilemmes existentiels de l’Humanité). J’ai découvert qu’il y avait tout un univers de ménagères qui adoptaient avidement des techniques et des méthodes d’organisation, de ménage et de rangement. Il s’agit de rationaliser le travail domestique, à travers différentes approches. Ébahie, j’ai été acquise à la cause.

Sans surprise, cette sphère virtuelle est composée principalement de femmes. Je vous livre ici les ressources que j’ai utilisées, grâce auxquelles je vis aujourd’hui dans un environnement constamment propre et rangé.

Le travail domestique est un travail à part entière.

Si ces ressources ressemblent à de la documentation de gestion de projets, propre à l’environnement professionnel, c’est simple : le travail domestique est un travail à part entière, exigeant et qualifié. Ne pouvant me permettre de payer pour qu’il soit réalisé, je l’ai appris en autodidacte. Oh, oui, ma mère a bien essayé de me l’apprendre, mais disons que mon manque d’intérêt et mon incompétence, à l’époque, ont vite eu raison de sa patience. Ce n’est qu’une fois que j’ai eu envie de m’y atteler que j’ai pris au sérieux la chose.

Mes ressources

Je n’ai pas en tête toutes les ressources que j’ai pu utiliser, mes deux m’ont particulièrement aidée à structurer la gestion des tâches ménagères.

C’est un site (un peu old school) complètement dédié à l’organisation du foyer. Bien qu’en anglais, vous trouverez des sites en français qui vous expliquent la méthode (tapez “méthode My Fly Lady” dans Google). Ce que j’ai trouvé génial, c’est qu’on y trouve des fiches pratiques, avec les tâches à réaliser de façon détaillée. C’est aussi une méthode à part entière : au lieu de consacrer un jour entier au ménage, vous en faites un peu tous les jours, en vous concentrant sur une zone différente à chaque fois. Donc, au lieu de passer deux heures à nettoyer votre appartement, vous ne passez que dix minutes chaque jour sur une zone, ce qui est beaucoup moins fatigant. Ci-dessous, des exemples de comment j’ai organisé le mien (photos exclusives !)

Vous trouverez plein de fiches inspirées de cette méthode sur Pinterest, allant du plus simple au plus détaillé. Au début, j’avais des listes très détaillées sur chaque chose à faire, mais après environ cinq ans dans le droit chemin, je n’en ai plus besoin. Si je note « Salle de bain » le mardi, je la nettoie sans avoir besoin de liste détaillée. C’est inscrit dans mon ADN, à présent.

Ma reine. J’aime cette femme incomprise par l’ethnocentrisme occidental trop attaché à la société de la surabondance. Marie Kondo a écrit un livre intitulé La Magie du rangement, qui n’est pas seulement une méthode, mais tout un état d’esprit, inscrit dans la tradition shintoïste du rapport au monde matériel. Non, Marie ne vous dira pas de jeter votre collection de figurines Star Wars ! Elle vous conseillera de la mettre en valeur, chez vous, afin que vous puissiez vivre entouré des choses qui vous procurent du plaisir (au sous-sol de vos parents, où vous avez élu domicile).

Comme j’aime aller au fond des choses, j’ai lu son livre, pour comprendre son point de vue, mais vous n’avez pas besoin de faire cela : elle avait une appli en 2016, que j’ai utilisée, introuvable à ce jour (?), mais Internet regorge de fiches synthétisant sa méthode. Je vous la résume ici :

Vous ne rangez pas par pièces, mais par catégories, en rassemblant tous les objets d’une catégorie en une seule pile, au sol. Vous les prenez un par un et décidez si vous le gardez. La procédure se fait dans cet ordre :

  1. Vêtements
  2. Livres
  3. Papiers
  4. Objets divers

Je l’ai fait une fois, et c’est tout. Cela a suffi. Ranger mes biens par catégories me convient, je m’y retrouve. Son livre est une mine d’or pour organiser ses affaires au quotidien, elle a réussi là où ma mère a échoué lamentablement.

Ne dépensez pas d’argent !

Vous n’avez pas besoin de payer les cours de Marie Kondo ou un abonnement à My Fly Lady. Vous êtes des adultes responsables, capables d’apprendre par eux-mêmes. Les ressources gratuites, dérivées de ces deux approches, vous suffiront amplement. Autistes ou pas, votre cerveau est relativement souple. Vous pouvez acquérir des habitudes si vous le décidez, en faisant preuve de patience et de bienveillance envers vous-même.

Si vous avez de l’argent à dépenser, consacrez-le éventuellement à équiper votre logement en électro-ménagers qui vous faciliteront la tâche. Perso, j’ai acheté un balai vapeur qui a RÉVOLUTIONNÉ le lavage de mes sols et des tapis. Je déteste toute activité impliquant de l’eau, et notamment de l’eau sale, donc adieu la serpillière et sa logistique au-dessus de mes forces.

Je ne sais pas si cet article sera utile. Comme je n’ai pas grand chose d’intéressant et de philosophique à dire, je me contente de partager les moyens qui m’ont aidé à surmonter certains obstacles…

Julia March

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