C’est mercredi, c’est misandrie!

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Bonjour, bonjooour, ça faisait longtemps!

J’ai été très occupée. C’est même pas une blague, dernièrement j’ai fait des trucs très très sérieux. Disons que j’essaie de me construire une carrière qui me rapporte assez d’oseille pour acheter des croquettes de luxe à mes chats, qui leur rendront le poil soyeux et les feront vivre jusqu’à 32 ans (au moins). D’un autre côté, je travaille activement avec le Lobby Ultra-Secret des Féministes Castratrices et Avides de Pouvoir (le LUSFCAP, pour les intimes) sur des activités aussi variées et ludiques que la domination du monde, l’embrigadement homosexuel des enfants et la fabrication de bébés dans des éprouvettes.

Même au milieu de tout cela, j’ai trouvé le temps de vous pondre un article en ces temps de partage, de joie et de crise de foie. Cet article donc, tout plein d’amour et de tendresse, recense allègrement les pires mecs cis qui ont croisé mon chemin et avec lesquels j’ai pu batifoler (pas tous, je précise), lors de mes errements hétérosexuels. Pour égayer cela, je leur ai amoureusement donné des noms de parfums de ma création.

Absolut Creepy
C’est le gars qui se la joue poète. Il t’écrit des poèmes érotiques atroces et t’envoie des roses fanées. Il te stalke dans ton quartier, à la sortie des cours. Il erre comme une âme en peine face à ton refus de céder à son insistance. Il te met sur un piédestal, tu es sa Muse, la fââââme cruelle qui torture son âme d’artiste. La Charlotte de Werther

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En fait, tu le trouves juste pas vraiment intéressant et tu préfères largement les concours de pets entre copines à un après-midi avec lui passé à parler de psychanalyse.

Poire Éternelle
Poire, comme l’appelle Lauren, ou le Nice Guy, on ne vous le présente plus.

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*regarde sa TL Twitter*

Il est là, il attend, patiemment, que les miettes tombent de la table. Il pense qu’à force d’être gentil il réussira à avoir accès à votre vagin sacré. Le poirisme, c’est le cauchemar des autistes, puisque toute sa communication se base sur l’implicite: il faut deviner qu’il se sent attiré par nous et nous rendre compte que son amitié n’est qu’un succédanée pour lui, puisqu’il guette sournoisement, tapis dans l’ombre, l’occasion de vous sauter, enfin.

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S’il n’arrive pas à ses fins, il vous traitera de salope et ira chouiner sur JVC, parce que nier le droit au sexe à un mec, c’est quand même vachement violent et méchant.

C for Calimero
j’ai déjà parlé de Calimero dans cet article. Calimero c’est le gars qui pense que le sexe, c’est trop cool, et que si t’es pas hyper-fan t’es un peu une coincée qu’il réussira à libérer grâce à son Pénis Magique. Il est un peu dégueu et d’après mes sources, baise comme s’il était au pieu avec sa maman.

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Il se plait à imaginer que les femmes sont en constante compétition pour ses faveurs, et la moindre démonstration de solidarité féminine est susceptible de blesser son petit ego.

Eau de Dudebro
Comment parler du dudebro? Il y a tant à dire sur ce personnage. Le dudebro est un gars tellement peu sûr de sa virilité qu’il aura besoin de l’affirmer constamment, bien par moyen de vannes sexistes, bien par des bruits gutturaux quand se déplace en meute (par exemple, une manif, ou un bizutage des premières années en école de commerce). Il ne parle pas de ses sentiments parce qu’il n’est pas une tapette, faut pas déconner. Le dudebro est fatigant, mais plutôt inoffensif. Il a juste besoin d’être conforté dans son identité de mâââle. Pour vous débarrasser facilement de lui, jetez-lui un steak et des chips et éloignez-vous doucement.

Tormento
Tormento est l’évolution, la version un peu vieillotte d’Absolut Creepy. C’est l’Artiste incompris par excellence, le talent frustré qui se rêve souvent en pâle version de Bukowski. Il se décrit comme un loup solitaire, tel Ryan Gosling dans Drive, n’ayant besoin de personne et ne se souciant guère de l’opinion d’autrui.

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La vérité, c’est qu’il est tristement dépendant et a besoin désespérément d’un regard extérieur pour que cette façade tienne. Vous le trouverez généralement affalé dans un canapé, aigri, se bourrant la gueule au whisky en écoutant du Bashung, ou du Léo Ferré pour les plus vieux, pestant contre les manants qui ne peuvent comprendre son génie.

Cette liste est bien entendu non-exhaustive et j’ai hâte de voir les surprises que 2016 nous réserve en matière de tendances masculines.

Coeurs sur vous.

thankyou

Le monde de Nathan: têtes à claques et représentations

Genre et autisme, Représentations

Alors voilà, hier soir était une de ces soirées où je savais que j’allais me délecter devant une daube, c’est à dire le film au pitch le plus racoleur qui me convaincrait de lui accorder 1h30 de mon existence. Moquez-vous, mais c’est de cette manière que j’ai découvert de véritables perles comme Pitch Perfect, alors non, rien de rien, je ne regrette rien. Ça faisait un moment que le film Le monde de Nathan me faisait  de l’oeil. Mais bon, vous me connaissez. L’histoire d’un gamin autiste, blanc, issu de la classe moyenne et fort en maths, euh, comment dire:

Tu m'ennuies à mourir, et je suis déjà mort. J'en re-meurs d'ennui.

Tu m’ennuies à mourir, et je suis déjà mort. J’en re-meurs d’ennui.

Oui, désolay, mais étant une meuf ET ayant largement montré mon incompétence en maths (M. Crâne d’oeuf, mon prof de maths en quatrième, si tu me lis, kikou), j’avais peu de chances de m’identifier au personnage et m’attendais à voir un concentré de clichés sur l’autisme ou le SA. Finalement, ce film m’a fait réfléchir et s’est avéré être moins pourri que ce que j’espérais (j’avoue, j’étais un tantinet déçue).

Nathan, cette tête à claques

J’ai immédiatement épprouvé une vive antipathie pour le personnage principal, Nathan, qui se comporte de manière insultante, voire dictatoriale avec sa mère: il y a 8 beignets de crevettes et pas 7, c’est pas un nombre primaire, tu fais tout mal; tu n’es pas assez intelligente pour comprendre les maths, bref, il passe son temps à l’offenser alors qu’elle fait tout pour que son bébé-d’amour soit au mieux, surtout après le décès de son papa. J’avais envie de le prendre entre quatre yeux et lui dire « Bon maintenant ça suffit, ton cinéma, être autiste ne justifie pas des comportements de merde, alors tu les bouffes, tes beignets et t’arrêtes de faire chier. Merde à la fin ». C’est alors que je me suis souvenue de la manière dont ma mère parle de mon adolescence. Ah oui, j’ai peut-être « nathanisé » ma mère plus d’une fois, maintenant que j’y pense… J’ai peu de souvenirs de mon enfance et de mon adolescence, mais ma mère en garde des souvenirs impérissables en ce qui concerne des comportements offensants. Par exemple, à douze ans, quand elle venait nous chercher à l’arrivée du car scolaire, ma soeur et mon frère lui faisaient un bisou tandis que je traçais ma route en poursuivant ma lecture d’un énième livre, sans un regard, sans un bonjour. Ado, je me souviens de toujours avoir considéré mes parents comme des ratés, je ne me suis sûrement pas privée de le leur faire savoir. Bon okééé, j’étais trash aussi. Je crois également que j’ai traumatisé ma mère en refusant très jeune tout contact physique avec elle. En fait, je crois que j’ai traumatisé ma mère tout court, à vie.

Moi, quand je comprends que j'ai des points en commun avec Nathan

Moi, quand je comprends que j’ai des points en commun avec Nathan

Yoda, la compétition incarnés

Nathan est sélectionné pour participer aux Olympiades Internationales de Mathématiques (j’ai eu de l’urticaire rien qu’en entendant le nom) et part à Taïwan pour le camp de préparation. Il s’intègre plus ou moins dans le groupe de jeunes, mais cela n’est dû qu’au fait qu’au sein de ce groupe se trouve « Yoda », que je nommerai de cette façon, ne me souvenant plus du nom de ce personnage: il parle de façon ampoulée, à la manière de Yoda dans Star Wars, se montre hautain et autoritaire à en exaspérer ses camarades. Si Nathan passe donc inaperçu, c’est donc grâce à Yoda, qui est imbuvable aux yeux des autres. On se doute bien que Yoda est Asperger as fuck, comme Nathan, mais les deux garçons sont complètement différents. Tandis que Nathan est réservé et peu sûr de lui, Yoda semble très expansif et bavard, même s’il use et abuse de la parole pour se plaindre continuellement des gens qui n’abondent pas dans son sens.  On comprend plus tard que Yoda s’auto-mutile avec son compas et reproduit les dialogue de sketchs des Monty Pythons quand il se sent en territoire hostile, provoquant l’hilarité de ses congénères. Yoda et Nathan ont des résultats plutôt médiocres aux tests, ayant des difficultés à se concentrer pendant les épreuves à cause des multiples micro-bruits environnants. Quand Yoda est recalé, Nathan le trouve la nuit, dans les toilettes, son bras en sang (il dédramatise en disant qu’il y est « juste allé un peu trop fort ») et demande à Nathan:

« J’imagine que toi aussi tu as été diagnostiqué? Moi on m’a dit que ça faisait de moi quelqu’un d’unique, que j’étais bizarre, oui, MAIS aussi doué. Mais si on n’est pas doué, on est juste… bizarre, c’est ça? ».

Si le film me semble avoir peu d’intérêt en général, je trouve que cette séquence est très forte. Il y a cette « nécessité » pour les autistes d’être talentueux.ses dans un domaine, et le fait qu’on se penche autant sur l’existence d’un intérêt spécifique dans le diagnostic montre à quel point cet aspect de nous est important aux yeux des non-autistes: si l’on veut excuser nos bizarreries, il faudra donner quelque chose en échange, être des bêtes de foire, étonner les masses. C’est le poids qui pèse sur les épaules de Nathan et de Yoda, il s’agit de prouver qu’ils ne sont pas QUE bizarres, cet enjeu des Olympiades est bien plus grand (et dangereux en cas d’échec) que pour leurs camarades. Le film montre bien à quel point la compétition ne leur sied ni à l’un ni à l’autre: Yoda est insupportable et continuellement au bord de la crise de nerf et finit par s’auto-mutiler, tandis que Nathan obtient de piètres résultats et ne parvient pas à tirer du plaisir des mathématiques, elles qui étaient, jusqu’à présent, une source de réconfort et de plaisir intense.

Yoda incarne également à mes yeux cet « effet miroir » que l’on a entre autistes: quand l’un.e d’entre nous se comporte de manière grossière et dérangeante, on a l’impression de nous regarder nous-même, on se demande avec appréhension: « dans quelle mesure les autres ne me voient-illes pas comme cela, moi aussi? ».

Les femmes à l’écran: rien de nouveau

Les rares figures féminines qui sont représentées dans ce film sont très clairement décevantes. Il y a la mère angoissée et dévouée, qui souffre du comportement de son fils. Il y a la seule fille de l’équipe de maths américaine avec qui Nathan part au Taiwan, elle doit avoir 5 lignes de dialogue dans tout le film à tout casser, elle joue du piano, bref, on ne sait pas qui elle est. Il y a son binôme, jeune fille chinoise qui colle au trope de la Manic Pixie Dream Girl et dont on sait peu également. Autant vous dire que le film échoue lamentablement au Test Bechdel. Toute la construction des personnages féminin du film est axée autour du « héros », aka Nathan, chacune de leur apparition à l’écran est vouée à montrer qu’elles se soucient de Nathan, et on fait bien sûr l’impasse sur leurs envies à elles, leurs ambitions. Il existe une exception dans le film: *SPOILER quand la mère de Nathan se tape son prof, un homme qui a la sclérose en plaque*, cette scène mise à part, les femmes sont cantonnées au care, ce qui laisse à désirer en terme de représentations.

Un film mignon qui procure quelques pistes de réflexions, sans plus

Je n’ai pas détesté ce film. Je ne suis pas une fan non plus. J’aimerais voir à l’écran des femmes autistes, des autistes non-blanc.ces aussi, des autistes nul.les en Maths, des autistes sociables comme je le suis moi-même, des autistes qui de l’humour, bref, des autistes RÉEL.LES comme j’en vois et côtoie autour de moi, car je ne suis pas la seule à être lassée des mêmes représentations autistiques: le garçon blanc, timide, hétéro, fort en Maths et désagréable avec les gens qui se démènent pour lui. Cette représentation des autistes n’est qu’une infime partie de la population autistique et est, à mes yeux, la moins intéressante.

Pour plus d’infos sur l’importance des représentations dans les séries et le cinéma:

L’excellent blog BD de Mirion Malle, Commando Culotte

Le blog Le Cinéma est Politique

La bande annonce de Le Monde de Nathan: 

Mais au fait, et ton parcours diagnostic?

Diagnostic, ma life
La Fille Pas Sympa quand on l'interroge au sujet de son parcours diagnostic

La Fille Pas Sympa quand on l’interroge au sujet de son parcours diagnostic

On m’a fait remarquer par message privé que je n’avais pas fait d’articles au sujet de mon « parcours diagnostic ». C’est vrai que j’ai commencé ce blog sur un coup de gueule, en cherchant un espace où râler et où radoter, et on peut constater que j’ai tenu avec brio cette digne ligne éditoriale, que je m’étais involontairement fixée. Mais qu’y avait-il avant le diagnostic du SA? Qu’est-ce qui m’a amenée à être diagnostiquée? Apparemment c’est une question que tu te poses, toi qui sauras te reconnaître, ou toi qui me lis sans jamais commenter. Avant le diagnostic du SA, donc.

Il y avait surtout quelqu’un de complètement effrayée et qui luttait de toutes ses forces pour ne pas laisser transparaître cette frayeur face aux « autres », ces « autres qui semblaient très bien gérer tous les aspects de leurs vies et surtout, SURTOUT, les relations sociales. Une fille qui voulait être « normale » et qui ne comprenait pas pourquoi ce n’était pas le cas. J’aime bien le terme « aveugle sociale », parce qu’à presque 27 ans je ne panne toujours rien aux relations sociales, la différence étant qu’à présent je l’assume plus ou moins, alors qu’avant je refusais de me l’admettre.

Ado, j’ai eu une période où je dévorais la section « Psychologie » de la bibliothèque municipale. Je lisais surtout tout ce qui concernait l’autisme dit Kanner. Un ami de l’époque me demandai, perplexe: « Mais pourquoi tu t’intéresses autant à l’autisme? ». Je n’ai pas su quoi répondre. Je lisais aussi tous les ouvrages que je trouvais sur le langage non-verbal et avais l’impression d’entrer dans une autre dimension à leur lecture. J’étais convaincue que leurs auteurs, ainsi que les personnes capables de comprendre le langage non-verbal, possédaient des super-pouvoirs, je voulais absolument être comme elles J’appris en m’entraînant, et ce fut une vraie torture, à regarder les gens dans les yeux, parce que j’avais lu dans l’un de ces livres que c’était un signe de confiance, le signe qu’un personne était fiable. Aujourd’hui j’en rigole: les plus grands menteurs vous mentent en vous regardant droit dans les yeux, sans sourciller.

À vrai dire, je ne me souviens pas vraiment de comment j’ai découvert le Syndrome d’Asperger, une fois adulte. Depuis que j’ai découvert Google, j’avoue que je l’utilise un peu comme un Oracle, lui posant des questions et tombant sur des réponses hyper-farfelues qui me font rire et relativiser. Je devais sans doute traverser une énième phase de dépression après des évènements où l’on avait dû me faire comprendre que j’étais anormale et indésirable. Gênante. Bref, je devais être en train de broyer du noir chez moi, enfermée depuis des jours, ne me sentant plus capable d’affronter la vraie vie et ses adultes impitoyables. J’écris cela et tu dois penser que c’est tragique: je te rassure, ce genre d’états d’âme est d’une banalité affligeante, ils me traversent régulièrement et je finis toujours par en sortir. Ce devait être un de ces moments.

Nous sommes donc en hiver 2012. Si mes souvenirs sont bons, j’ai tapé sur la barre de recherche de Google « pourquoi j’ai autant de problèmes dans mes relations sociales », ou « je ne comprends pas le langage non-verbal, est-ce grave », ou encore « je me sens seule au milieu de plein de gens » (vous avez dit « drama »?). J’ai dû cliquer sur un lien parlant du SA et bien sûr cela a été un choc de me reconnaître. J’ai donc passé de longues heures à lire des infos -parfois contradictoires- sur Internet au sujet du SA, à prendre conscience. Ensuite j’ai dû beaucoup pleuré. Pas de soulagement, loin de là. Un peu pour les mêmes raisons que quand j’ai découvert que j’étais très probablement épileptique, il y a quelques mois: parce que je croyais être malade, atteinte d’une maladie incurable, que cela se passait dans mon cerveau, que je ne pouvais pas le contrôler et que cela m’angoissait.

Ensuite, il y a eu la phase du doute. Puis le déni. Puis les pleurs, à nouveau. Puis le doute. Et ainsi de suite. Ça a duré des mois et je n’ai osé en parler à personne. J’étais très déprimée, je pense que parler de dépression n’est pas un abus de langage. J’étais en deuil après une perte importante, la mort d’un être très cher, je n’en parle toujours pas à ce jour, mais cette période était très morose. Je venais de devenir végane et toutes mes routines alimentaires étaient bouleversées, ce n’était clairement pas le moment idéal pour un tel changement, mais après avoir appris la vérité au sujet des conditions atroces -pour les animaux- dans lesquelles sont produits les oeufs et les produits laitiers, je ne me sentais pas capable de continuer d’en consommer. Le problème étant que PERSONNE, absolument personne dans mon entourage n’étais sensible au sort des animaux, ce qui accentuait encore plus mon sentiment d’étrangeté. Je pense qu’en devenant végane je capitulais, je renonçais à la normalité, malgré moi, il faut bien l’admettre.

Les mois passèrent. Ma vie changeait progressivement, je commençais à agir, à militer. Je finis par lâcher mes études, puis mon appart, puisqu’il s’agissait d’un logement étudiant. Je vis en squat, je rencontre des personnes qui partagent mes centres d’intérêt, ma sensibilité. On devient ami.es, petit à petit je me retrouve entourée de personnes de plus en plus atypiques, en marge de la société. J’ai changé de cadre, mais mes incompétences sociales perdurent et je ressens toujours ce même décalage, avec les peurs qui en découlent. Je me prends sévèrement la tête avec des mecs qui tiennent des discours masculinistes, je commence à saturer des machos qui pullulent dans les luttes sociales et qui imposent un virilisme très oppressant. C’est à cette période où je développe la stratégie de la fuite: je me déplace géographiquement, quand j’en ai marre d’un endroit, je pars ailleurs et j’ai l’illusion que le problème a disparu. C’est aussi à cette période que je rencontre T, qui sera mon partenaire et avec qui j’habiterai pendant plus d’un an.

T est un garçon violent, mais au moment de notre rencontre, je baigne déjà dans un climat de violence constante. De plus, j’ai grandi dans un foyer violent, donc la violence que l’on m’inflige peut-être très grande avant que je ne me rebiffe, avant que je ne (re)prenne conscience que c’est intolérable, que je ne mérite pas un tel traitement. Je vais cesser ma relation avec T à cause de sa violence verbale (puis revenir avec lui un mois plus tard), mais il aura au moins eu le mérite de pointer, d’expliciter certains de mes fonctionnements qui le mettaient hors de lui. Et c’est là que le terme « Syndrome d’Asperger » réapparaît dans ma tête. Je me rends alors compte que j’ai voulu fuir, changer, mais qu’il y a bel et bien quelque chose d’inéchangeable en moi. C’est à partir ce ce moment que je commence à lire des livres au sujet du SA, et bien sûr cela tourne à l’obsession. Après une énième catastrophe professionnelle, je prends enfin mon courage à deux mains pour contacter la psychiatre qui finira par établir mon diagnostic. Je décide aussi de reprendre mes études, qui me passionnaient, je prends un appart avec T et commence un Service Civique.

« Comment se passe un diagnostic? », me demande-t-on souvent. Je ne saurais y apporter une réponse générale. Cela dépend du ou de la psy, de ses orientations théoriques et professionnelles, et même de ses orientations éthiques. Dans mon cas, on a passé au peigne fin ma petite enfance -ma mère a même participé-, mon enfance et adolescence, afin d’écarter toute autre possibilité qui expliquerait mon fonctionnement autistique. J’ai beaucoup parlé, je me suis lâchée, il y a eu des moments où je me retenais de pleurer en prononçant certaines phrases que je n’avais jamais dites à voix haute auparavant. J’étais toujours dans le doute et me disais que je si je n’étais pas aspi, la seule possibilité qui restait était celle de la folie, oui, je devais être folle.

J’ai mis du temps à accepter la possibilité d’être autiste. C’était un mot fort, qui me faisait peur. Il m’a fallu ce mot pour réussir à connaître mes besoins, à apprendre à les respecter et à cesser de vouloir me forcer à faire des choses dangereuses pour ma psyché. Il a fallu que j’assume mes failles (ohlalà, ce blog vire au développement personnel) pour en faire ma force (qu’est-ce que je vous avez dit), et le diagnostic du SA m’a forcé à reconnaître que non, je ne suis pas anormale parce que j’aime être seule, que j’ai des réactions inattendues et que je me fatigue beaucoup plus vite que les NT dans certains contextes.

Aujourd’hui, c’est presque pleinement assumé. T et sa violence ont quitté ma vie. Il y a cette personne, mon « significant other » (qui fait SA quand on l’abrège, c’est rigolo EDIT: on me souffle dans l’oreillette que non, ça ne s’abrège pas comme ça, je me suis trompée et en suis profondément dépitée, voilà) qui partage certaines de mes particularités. Il y a ces ami.es toute.s plus atypiques que les autres. Il y a mes deux chats-pitres-adorables-créatures avec lesquels je saoule ma TL Twitter. Il y a cet appartement où je me sens tellement bien. Il y a mes études, qui me passionnent toujours autant. Il y a le militantisme, qui prend des aspects multiples. Il y a cette ville que j’aime habiter, où je me sens chez moi, finalement.

L’après-diagnostic est immensément plus serein que le chaos qui lui a précédé.

« Si t’es pas jolie au moins sois polie », ou le tone policing

Colère, Empathie
J'ai trouvé que cette photo de piaf en colère me représentait bien, alors voilà.

J’ai trouvé que cette photo de piaf en colère me représentait bien, alors voilà.

Mon article sur les pseudo-allié.es de la cause autistique semble avoir fait assez de bruit sur Internet depuis sa publication. On l’a qualifié de « véhément » sur des forums, de « provocateur » et « violent ». Si certain.es autistes m’ont dit que cet article leur faisait du bien, d’autres ont été plus précautionneux au moment d’adhérer à mes propos, le jugeant « agressif » et  se demandant dans quelle mesure nous ne risquions pas de reproduire avec les neurotypiques l’exclusion que nous subissons. Cette question est tout à fait légitime: nous connaissons la douleur d’être exclu.es alors pourquoi pratiquer l’exclusion envers des personnes bien-intentionnées, qui souhaitent nous aider?

Je souhaite revenir sur ces deux questions, celle du ton employé et celle de l’exclusion des neurotypiques. Concernant le ton agressif de l’article, que je n’ai aucun mal à assumer, je suis consciente qu’il est susceptible de bouleverser la représentation de l’autiste comme l’éternelle victime, dépendant des braves neurotypiques allié.es pour se défendre des discriminations. On retrouve souvent, dans l’imaginaire neurotypique, la figure de l’autiste timide, agressé.e par la vie, dans sa bulle (elle me fait bien rire celle-là), d’une gentillesse innée et incapable de la moindre méchanceté. Sortir de ce stéréotype, c’est risquer de se voir rappeler à l’ordre, par le biais d’injonctions à se conformer à ce que l’on attend de nous. Pour donner un exemple, quelqu’un m’a déjà accusée de me comporter « comme une neurotypique » pour me reprocher un comportement qu’il estimait être mesquin. Je n’ai aucun mal à assumer ma bitch intérieure, mais ce qui m’interpelle, dans cette formulation, c’est l’injonction implicite qu’elle contient: si tu es méchante avec moi, tu n’es pas vraiment autiste. C’est le double-tranchant du pseudo-allié, qui en tant que dominant estime qu’il a le bon droit de valider mon identité, ou de l’invalider si je ne suis pas gentille avec lui, et par conséquent de me retirer son soutien.

Boring

Pourtant, les autistes que je côtoie sont loin d’être des enfants de cœur. Enfants, adolescents ou adultes, je me retrouve souvent face à des caractères bien trempés, peu enclins au compromis et ne s’embarrassant pas de pincettes pour exprimer leur pensée. Cela ne vous rappelle pas l’un des symptômes du fonctionnement autistique? L’émoi que mon article a provoqué par son ton agressif est bien représentatif de l’emprise du système de valeurs imposés par les neurotypiques autour de la communication.  Mais mes agneaux, vous n’êtes pas au bout de vos peines: je suis peut-être celle qui est visible, mais la colère qui gronde dans une partie de la communauté neurAtypique s’amplifie et croyez-moi, je suis de loin l’une des plus mesurée dans mes propos.

NOW PANIC

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Quand on me rappelle à l’ordre, que ce soit par la menace voilée de remettre en question ma condition autistique (et donc ma légitimité à m’exprimer sur le sujet) ou par l’injonction explicite à respecter les codes de la bienséance, c’est une violence qui est exercée et une manière de saper le fond de mes propos pour se concentrer sur la forme. Ce n’est qu’une énième preuve de la supériorité morale dont se drapent nos « allié.es foireux » pour décrédibiliser nos revendications.

Franchement, il est cruel et ridicule de s’attendre à ce qu’une personne soit calme et polie en réponse à un acte d’oppression. Les personnes marginalisées ne disposent souvent pas du luxe de la distance émotionnelle dans une discussion sur leurs droits et leurs expériences.
Deuxièmement, le tone policing (trad: le flicage du ton employé) est la technique de distraction ultime. Quand vous le faites, vous évacuez automatiquement de la conversation les méfaits de quelqu’un pour vous concentrer sur l’autre personne et ses récations. Le tone policing est une manière de ne pas assumer la responsabilité d’avoir merdé, et elle dénigre la position de l’autre personne en la catégorisant comme étant émotionnelle et donc irrationnelle. […] Mais être dans l’émotion ne rend en aucun cas les propos de qui que ce soit moins légitimes. Il est aussi important de noter que, en faisant du tone policing, non seulement vous refusez de remettre en question votre propre comportement oppressif, mais vous culpabilisez également l’autre personne, car elle n’est pas « assez gentille » pour être écoutée ou prise au sérieux.

Traduit de l’anglais à partir de This is a post about tone policing

Je voudrais néanmoins apporter une nuance en ce qui concerne l’expression de la colère, particulièrement sur Internet: oui, la colère des personnes qui subissent des oppressions est légitime est a le droit d’être exprimée et les gardiens de la bienséance doivent être envoyés valser. On est d’accord. Seulement, je n’adhère pas à la sacralisation de la colère que l’on trouve dans certains milieux militants, et qui justifie le harcèlement envers les personnes catégorisées comme oppressives. L’article À propos de la toxicité et des abus en milieu militant sur Internet décrit ce phénomène bien mieux que je ne le pourrais et met en garde contre les dérives qui ont mené certain.es blogueur.es à partir d’Internet pour se préserver. Je suis consciente que je ne connais pas les réalités vécues par des personnes réagissant à mes articles où sur d’autres blogs et le côté déshumanisant que peut prendre la justice virtuelle a des impacts bien réels.

Donc n’allez pas prendre cet article comme un encouragement à la haine sur les réseaux sociaux envers des personnes que vous jugez oppressives. Nous ne savons rien des personnes avec qui nous interagissons sur Internet, et des erreurs ou des maladresses ne justifient pas d’aller jusqu’à l’incitation au suicide en guise de réponse (véridique).

Dans un autre article je parlerai de la mixité choisie comme outils d’émancipation, et de sa pertinence ou non dans la lutte pour la neurodiversité. Je prends pour le moment des vacances du militantisme virtuel pour prendre soin de moi, passer des vacances avec des gens que j’aime, glander, voyager, avoir des discussions passionnantes sur des terrasses à 3h du matin en fumant comme des pompiers, bitcher sur la dictature du barbecue et partir en colo avec d’horribles ados.

Paix, amour et doigts dans le cul.

Ces allié.es qui n’en sont pas

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Le titre de ce poste reprends le titre de Superpépette , Ces autistes qui n’en sont pas, où il est question de personnes se disant autistes sans l’être réellement…

Cringe Worthy

Je sais, moi aussi j’étais so shocked

Je vais parler d’un sujet très épineux pour moi. En effet, si certain.es ont le « t’es pas autiste » facile, je refuse, pour ma part, de m’autoriser à présumer de la neurotypie de mon prochain. Premièrement, je n’en sais rien, deuxièmement, c’est brutal pour la personne qui se prend cette affirmation en pleine tronche, alors qu’elle est peut-être désorientée et dans une phase de questionnement qui, comme les autistes qui me lisent le savent bien, est extrêmement perturbant. Rappelons de plus que la neuroatypie ne concerne pas que l’autisme mais également de nombreuses autres conditions, allant de la schizophrénie au mal-nommé « haut potentiel ».  Seulement.

Seulement.

Superpépette n’a pas la gâchette facile. Elle fait partie des personnes les plus bienveillantes à ma connaissance. Mais faut pas pousser mémé dans les orties (oui Jujue, mémé c’est toi). S’il y a bien quelque chose dont nous pouvons parler, les autistes Asperger, c’est de l’autisme. Nous savons bien que nous développons des mécanismes de compensation tellement badass qu’il est difficile pour les autres de voir ce que nous sommes vraiment. Mais s’il y a bien un moment où nous arrêtons de jouer aux « personnes normales », c’est entre autistes. Quand nous suspectons qu’une personne se disant autiste se leurre, sachez une chose: on est les mieux placé.es pour le savoir. Cela n’implique pas d’ignorer la personne, de la violenter verbalement ou de la prendre de haut. On peut en discuter posément, comprendre d’où viennent les difficultés sociales, et tout cela avec bienveillance envers la personne concernée. C’est ce que fait Superpépette, qui possède une patience infinie dont le ciel ne m’a pas gratifiée. Les personnes dans le doute ou en quête d’identité à travers l’autisme ne posent pas forcément de problèmes, c’est juste déconcertant. Mais il y a les autres. Et cette deuxième catégorie, préparez-vous psychologiquement, car elle fait plutôt peur.

Scarlett Johansson Terrified

Oui oui

Je pense que je vais choquer des gens en disant que l’autisme est un business pour beaucoup de neurotypiques s’auto-proclamant « concerné.es par l’autisme »: pseudo-spécialistes de l’autisme, soigant.es, parents, tout le monde y va de sa petite opinion sur les thérapies à pratiquer, les souffrances de l’entourage, leur noble combat.  Il suffit d’aller faire un tour sur les blogs des parents d’enfants autistes pour constater avec quelle insouciance les parents dévoilent l’intimité de leurs rejetons depuis leur plus jeune âge, sans se soucier du consentement de ceux-ci.

Mettons les choses au clair [SPOILER: ça va chier].

VOUS

N’ÊTES

PAS

LÉGITIMES

Chut. Je ne veux pas vous entendre vous défendre, ni argumenter. Vous n’êtes pas « concerné.es » par l’autisme si VOUS N’ÊTES PAS autistes. C’est tout. Vous avez peut-être l’immense privilège de vivre au quotidien avec un.e personne autiste, mais vous n’avez aucun droit de vous approprier ce combat ni de parler en notre nom. Vos ABA, vos chouineries, vos actions anti-packing et tout le tralala, permettez-moi de vous dire que c’est très embarrassant. Car toute cette énergie et cet argent dépensée à la recherche de moyens « d’intégrer » les autistes dans votre monde et à nous faire apprendre votre langage, vous ne la dédiez pas essayer d’appréhender notre monde et notre langage. Vous qui écrivez des témoignages poignants « mon fils ma bataille » pour décrire votre « combat contre l’autisme », vous n’avez pas la moindre idée d’à quoi ressemble notre monde, des mille et une subtilités qui le composent: je vous ai lus, oui, je me suis infligée vos jérémiades, et je peux vous dire que vous êtes à dix mille lieux de savoir de quoi vous parlez. Utiliser vos enfants comme caution et vous faire mousser sur les plateaux télé ne fait pas de vous des personnes nobles, loin de là.

Heureusement, de plus en plus d’autistes prennent la parole et remettent à leur place les « belles âmes » usurpant leur place au sein de la communauté autistique.On assiste à une réappropriation du discours autour de l’autisme par les concerné.es, à travers divers blogs et conférences, ainsi qu’à la production d’œuvres visuelles et artistiques qui viennent bouleverser la vision qu’avaient les neurotypiques de l’autisme. Parmi ces œuvres-nombreuses- je citerai la magnifique vidéo « In my language » d’Amanda Baggs, que je n’ai jamais pu me lasser de regarder depuis sa découverte.

Petit à petit, les autistes s’organisent et des projets se construisent. On se fait parfois accuser de « communautarisme » par les personnes qui se retrouvent exclues car non-concernées. Le fantôme communautariste est typiquement français, d’ailleurs, il fera l’objet d’un autre billet. Quoi qu’il en soit, on commence à accorder -vaguement- de l’importance à ce que les autistes ont à dire.

Et c’est là que nous arrivons à nos fameux autistes mythos. Car oui, se faire passer pour autiste peut rapporter, ma bonne dame. Pas seulement pécuniairement mais aussi sous la forme d’une notoriété ou d’une légitimité. Vous trouvez cela farfelu? Vous n’avez peut-être pas entendu parler de Rachel Dolezal?  En matière d’usurpation de la légitimité, elle est plutôt balèze. Loin de moi l’idée de mettre au même niveau la lutte anti-raciste et celle pour la neurodiversité, j’ai choisi cet exemple puisqu’il est parlant: oui, c’est un phénomène qui existe, certaines personnes sont capables d’aller très loin pour avoir une place privilégiée au sein d’un mouvement. Elles arrivent à leur fins, prennent une place importante et ont de l’énergie à revendre d’autant plus qu’elles n’ont pas été « cassée », « broyée » par l’oppression que subissent les véritables concerné.es depuis le début de leur existence. Et elles parviennent même à occuper des postes rémunérés, elles font d’une lutte qui ne leur appartient pas leur gagne-pain et volent la parole qui nous revient. En ce qui concerne le billet de Superpépette, elle savait qui elle visait, la personne s’est bien entendu reconnue a tout de suite réagi en hurlant au communautarisme.

Ceci méritait un facepalm de groupe

Ce genre de réaction n’est pas étonnante. Militante féministe du dimanche, je suis bien placée pour savoir à quel point les espaces de mixité choisie comme outils politique provoquent la rage des oppresseur potentiels, habitué qu’ils sont à occuper l’espace visuel, sonore et décisionnaire. Je sais aussi que nous sommes en France, un pays plutôt fan de l’eucharistie catholique à tous les niveaux, ce qui implique que l’on est censé.es vouloir « vivre-ensemble » et se rouler des pelles avec des gens qui nous oppressent au quotidien, même sans le vouloir. Heureusement, d’autres dynamiques se mettent en place aussi bien parmi certaines féministes que parmi certain.es autistes. Il faut s’attendre à se genre d’intrusion, de tentative de culpabilisation, de chouineries voire de remise en question de notre propre légitimité à nous organiser.

Si j’ai un message à adresser à ces allié.es foireux: les autistes ne sont pas votre psychothérapie au rabais, ni votre caution pour jouer les Mères Teresa. Dégagez de nos espaces, dégagez de nos luttes, dégagez de nos vies: parce que vous avez sûrement l’idéal de l’autiste gentil.le, docile et naïf.ve, mais on vous attend au tournant, le couteau entre les dents.

9 Fun Facts sur la Fille Pas Sympa

ma life

1- J’achète toujours les légumes emballés pour ne pas devoir interagir avec l’être humain qui est chargé de peser les légumes au poids.

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2- Je refuse de danser dans une boîte où on ne passe pas du Beyoncé. Question de principes.

3- Quand j’entends certaines chansons je ne peux m’empêcher de les relier mentalement à des vidéos de chatons dansant dessus et ça me pourrit mes soirées. Genre ÇA:

4- Je fais semblant d’être une gourmet en société, alors qu’en réalité mon plat préféré c’est les ramen:

5- Quand j’étais à la fac, je me suis fait passer pour une auteure célèbre qui est mon homonyme, j’ai même dédicacé des livres et donné des conseils d’écritures bidons à des Nice Guys qui se rêvaient écrivains.

6- Comme je ne sais jouer qu’une chanson et demie à la guitare, je la joue puis rends l’instrument d’un air blasé, du style « vous n’êtes pas prêt.es pour entendre une telle merveille, je vous préserve ».

7- Je méprise secrètement les gens qui n’aiment pas manger épicé.

8- Je suis tellement maladroite avec mon corps qu’une fois, lors d’un repas, j’ai préféré avoir faim plutôt que tendre le bras par dessus la table pour atteindre le seul truc végane, de peur de tout faire tomber.

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9- J’ai la fâcheuse manie d’adopter tous les animaux que je considère être en détresse (c’est-à-dire, me regardant avec des yeux larmoyants suppliant de la nourriture). J’ai déjà un chat et demi et deux limaces (OUI une limace peut avoir des yeux larmoyants).

Le loup dans la bergerie

ma life
Je suis allée faire un tour sur un blog très trèèès vieux que je tenais lors de mes débuts dans le monde merveilleux de l’Internet. C’est pas joli joli en général, j’écrivais assez mal le Français à cette époque. Mais j’ai trouvé ce texte. Et j’ai eu envie de rendre hommage au mini-moi de l’époque en le ressuscitant ici, sans rien modifier.

C’est un monde à part, un écosystème à l’intérieur même de la société. Prisonniers ou protégés? Peut-être les deux à la fois….J’ai toujours suivi le troupeau, convaincue d’être protégée par eux, tel que ma mère nous le répétait sans cesse. J’ai étouffé cette voix contestataire qui se cachait en moi pour être acceptée, aimée. J’ai été intolérante envers ceux qui s’écartaient ne serait-ce qu’un pas de cette voie sacrée, j’ai porté un regard impitoyable sur ce monde extérieur si menaçant à nos yeux.

Et aujourd’hui je me réveille douloureusement… Je suis supposée être une brebis docile, toute en guimauve et soumise. La soumission, ô combien elle est appréciée, cette qualité inhérente au christianisme! Surtout chez nous, les femmes. Nous sommes l’idéal féminin, selon eux, voilà pourquoi les autres nous convoitent, veulent nous détourner du droit chemin. Non, restons dans cet enclos sécurisé, acceptons le silence et sachons nous contenter de peu. En effet, l’ambition est aussi mal vue parmi nous, qu’elle soit économique ou intellectuelle, ainsi que toute autre forme d’émancipation. Mais moi, je suis autre chose, même si je l’ai longtemps renié. Je râle, je proteste, je suis orgueilleuse, narcissique, cynique, perverse. Et ce « moi » sort de ses gonds, pète un câble. Il se fraie le passage à travers les couches de sucre que je lui ai versé dessus. Il fait craquer une allumette dans ma conscience après l’avoir arrosé d’essence. Bref, il emmerde tout le monde.

Je veux être moi mais je suis nous, je veux crier mais je chuchote, je veux jouir mais je me refoule, je veux être libre mais… je suis le loup dans la bergerie. Et je ne trouve pas la sortie

L’histoire abracadabrante mais vraie de Caliméro

Asexualité, Genre et autisme, ma life, Sexe

C’est l’histoire d’un gars. Un gars blanc, hétérosexuel et cisgenré. Appelons-le Caliméro. Il est attiré par une fille, qu’il décrit comme « fascinante », il lui fait des tas d’éloges, lui lance subtilement des messages pour qu’elle comprenne qu’il est sensible à ses charmes. Il la voit comme une sorte d’infirmière, à qui il peut confier ses détresses, quelqu’un qui n’a pas de volonté propre ou d’envies autres que celles d’être attentive à ses souffrances de poète incompris par la vie. Il voudrait qu’elle soit disponible pour lui à toute heure et commence à être frustré quand il comprend qu’elle n’a pas perçu son intérêt romantique pour elle.

Caliméro estime que la souffrance est inhérente à l’Amûr, le Grand, le Vrai. Il adore les drames et voit sa vie comme une sorte de film où le séducteur qui multiplie les partenaires sexuelles s’éprend d’une Muse, Celle qui va l’accueillir en son sein, qui va éponger son front et écouter patiemment ses tourments. Celle qui va prendre sa défense. Celle qui est au-dessus des considérations charnelles, une forme éthérée, celle qui lui a dit de façon claire qu’elle n’avait pas accès à l’intimité des gen.tes par le sexe, et ça, c’est bô. Caliméro aimerait tout de même souiller un petit peu cette divinité, du moins repousser ses limites, voir jusqu’où il peut aller. Alors un soir de printemps, avec quelques grammes dans le pif, il envoie un sexto. Un sexto soft, d’après lui: « J’ai envie de toi… ça te choque? ». La réponse de la Fâme est cinglante, il s’en va, penaud, assouvir ses désirs avec une autre. Il ne sera pas à la hauteur de ses prétentions, car l’autre fille trouvera ça tellement nul qu’elle lui demandera de dégager en plein milieu de l’acte. Une fois de plus, le Destin s’acharne sur l’ego du pauvre Caliméro.

Dans la vraie vie, cette fille sur laquelle Caliméro projette ses désirs est autiste et n’a pas saisi tout de suite dans quel jeu celui-ci veut l’embarquer. Cette fille a un rapport compliqué avec son corps, une histoire de consentement trop souvent bafoué, d’interventions chirurgicales mineures mais traumatisantes, d’expériences sensorielles envahissante, de posture politique… bref, cette fille se définit la plupart du temps comme étant asexuelle et on se contrefout des raisons qui l’ont poussée à le faire. Ce qui importe, c’est qu’on lui a fait comprendre à de nombreuses reprises que s’il lui arrivait d’être en relation avec quelqu’un (un homme cis hétérosexuel, en particulier) c’est qu’elle avait de la chance, et qu’elle devrait remercier le ciel de tomber sur des partenaires qui tenaient assez à elle pour tolérer cette situation, qui l’aimait malgré cette défaillance énorme en elle. Sans compter qu’elle est autiste, ce qui n’est pas pour arranger les choses.

Cette fille, donc, reçoit ce texto intrusif un soir où elle regarde une série en pyjama en gobant des ramen, l’une de ses activités préférées dans la vie. Elle comprend qu’il y a un problème, mais n’arrive pas à le formuler clairement. Elle sent bien qu’elle n’a pas consenti à connaître ses désirs sexuels envers elle, et l’absence de réciprocité ne semble pas avoir traversé l’esprit de Caliméro. Il s’imagine peut-être qu’elle devrait se sentir honorée, flattée, le remercier de cette délicate attention? Elle n’a pas envie d’apprendre la vie à Caliméro, d’ailleurs il commence à la soûler avec ses sollicitations, elle l’envoie balader en lui disant d’arrêter de calquer ses messages sur 50 Nuances de Grey. Puis elle passe à autre chose.

Cette fille a des copines, plein de copines, même. Et comme beaucoup de copines, elles discutent entre elles quand elles se sentent mal à l’aise avec l’attitude d’un mec, quand elle se sentent en insécurité. Et il s’avère qu’une de ces copines est l’Autre, celle avec qui Caliméro a baisé une heure après avoir envoyé son fameux sexto. Celle qui, selon les dires de Caliméro, l’a utilisé « comme un kleenex » puisqu’elle n’a aucun intérêt romantique envers lui. Car non, Caliméro ne comprend pas pourquoi il n’est pas le seul à définir les termes de la relation. C’est lui l’Hômme, après tout. Comment cette fille, cette salope qui ne pense qu’au cul, se permet-elle d’être aussi insensible envers lui? Heureusement que, une fois de plus, la technologie des textos existe pour l’incendier de reproches. Se rendant compte de la coïncidence, les deux copines se prennent pas mal de fous rire sur son dos en se montrant mutuellement ses jérémiades sur leurs portables respectifs. Puis.

Le drame.

Caliméro, dans ce qu’il estime être sa grande naïveté, a interprété la réponse cinglante de sa Muse à son texto comme une invitation à insister. Il adore tester les limites tout en jouant la carte « HAN mais tu comprends j’ai besoin d’affection, je souffre, tu sais », sans se soucier des envies ni du consentement des filles qu’il prend pour des distributeurs de free hugs. C’est gênant, me direz-vous. C’est la culture du viol, vous dirais-je (TOUT DE SUITE LES GRANDS MOTS, RHALALALA). Mais lors de son insistance, il apprend que sa Muse SAIT pour l’Autre fille. Ceci n’est pas un drame en soi, ce que lui reproche sa Muse, c’est d’être intrusif, de la ramener à une norme sexuelle qui la débecte et de la prendre pour son infirmière. Mais pour Caliméro, ceci n’a pas d’importance, c’est le fait qu’il lui ait été « infidèle » qui est à l’origine de sa vexation, forcément. Il va donc se confondre en justifications à grand coups de « J’avais bu » (tiens, elle est originale celle-ci, on ne nous l’a jamais faite), « Je ne voulais pas vraiment être avec elle », « Ce que je ressens pour toi est autre chose, l’autre fille n’est rien pour moi etc ».  Et bien entendu, il va simultanément incendier l’autre copine, cette salope, pour lui reprocher d’avoir parlé. La Maman et la Putain in da place.

Bon, là c’est le moment où je vous quitte deux minutes pour aller vomir.

Oké. Donc dans sa stratégie d’établir une hiérarchie entre ces deux meufs, Caliméro a complètement zappé quelque chose: peut-être bien que ces deux filles ne sont pas en compétition pour lui, ni pour personne d’autre. Peut-être bien que les femmes se parlent entre elles et que dans ce cas il est plus difficile pour les mecs de foutre la merde entre nous. Ah, il n’avait pas pensé à ça, le bougre de Caliméro. Se faire envoyer bouler aussi bien par la Maman que par la Putain, unies dans le même combat, ça a dû lui faire tout bizarre.

D’un homme qui reproche aux femmes de parler entre elles parce qu’on lui a pourri son coup, qui tente de mettre ces femmes en compétition en valorisant l’une et en dénigrant l’autre, que peut-on en déduire? Quelqu’un à qui vous avez dit que vous ne comprenez pas l’implicite et qui va tenter de nous séduire en utilisant l’implicite, justement. Quelqu’un qui nous agite son désir sous le nez, qui nous impose des interactions qui tournent autour de ce désir, quelqu’un qui a aucun moment ne nous demande de quoi nous avons envie, quelqu’un qui chouine et qui se justifie alors qu’on lui dit de façon répétée qu’il est oppressant, quelqu’un qui, en somme, se torche avec notre consentement… Si tu reconnais quelqu’un de ton entourage dans cette description, le seul conseil que je peux te donner est: FUIS (après lui avoir cassé les doigts pour l’empêcher d’utiliser son téléphone) (ou lui avoir cassé son téléphone si tu veux minimiser les poursuites judiciaires).

Et sinon, je vous laisse deviner laquelle des deux copines je suis dans cette histoire.

Paillettes sur vos cœurs.

Cette empathie « trop envahissante »

Empathie

Je n’ai pas vraiment la tête à écrire un article aujourd’hui. Mais j’ai la sensation que je « dois » le faire. Drôle d’explication, je sais, mais je n’ai pas envie d’aller plus loin dans la réflexion. J’ai BEAUCOUP trop socialisé ces derniers temps pour trouver l’énergie de réfléchir convenablement. Mais j’ai en tête plusieurs sujets qui tournent en boucle.

L’empathie, donc. J’ai ce sujet en tête depuis une conversation où mon interlocuteur était curieux de savoir à quoi je faisais référence quand je la décrivais comme trop envahissante. Vous trouverez sur Internet des tas de plaidoyer pour l’empathie que peuvent ressentir les autistes, le but de cet article n’est pas de s’y ajouter. Je pense plutôt décrire comment ça se passe concrètement chez moi, dans ma tête.

J’ai du mal à connaître les sentiments des autres, c’est vrai. Mais certaines personnes sont plus explicites que d’autres sur leurs sentiments et si j’ai du mal à identifier le sentiment ou l’émotion d’une personne, à partir du moment où cela est fait, je suis en mesure de le reconnaître et de m’y identifier. Et c’est là que ça se corse.

D’autant que je me souvienne, on m’a toujours traité de « glaçon » de par la manière dont je réagissais envers une personne en souffrance. Je me souviens de ce jour où, à 17 ans, j’ai éclaté en sanglots devant une amie qui me renvoyait, une fois de plus, cette image glaciale de moi-même. Elle en était toute retournée. J’ai essayé de lui expliquer à quel point les émotions des autres étaient lourdes à porter, à quel point elles me paralysaient. À quel point j’en arrivais à ne plus vouloir côtoyer des êtres humains pour ne pas me sentir envahie par leurs émotions.

C’est la souffrance qui me bouleverse, notamment. Je ne peux pas voir quelqu’un souffrir sans que sa souffrance m’emporte avec elle. C’est vraiment difficile de mettre des mots dessus, même à froid. Et c’est dur à gérer au moment où ça arrive. De l’extérieur, on pourrait croire que ça ne m’atteint pas, que je suis spectatrice impassible du pathos qui se déroule devant moi. Alors qu’en réalité je suis en panique. Ce n’est pas que je « ressens » ce que l’autre personne vit, mais la savoir en souffrance me renvoie à un tel sentiment d’impuissance, d’injustice et d’incompréhension que je ne peux plus réagir. Avec le temps, j’ai appris qu’il n’y a pas grand chose à faire, à part reconnaître verbalement que ce que vit cette personne est dur. Exit les conseils, les recommandations, les tentatives de solutions pratiques. Ou la culpabilisation (« tu en fais trop », « tu exagères », « moi à ta place… »). Exit la justification quand on est à l’origine de la souffrance, ça ne sert à rien.

On passe notre enfance à voir nos émotions invalidées: « Ce n’est pas grave », « Tu as eu plus de peur que de mal », « Tu as peur pour rien », « C’est un simple caprice ». À l’âge adulte, on continue souvent d’invalider les ressentis d’autrui, on se sent obligé.e de les remettre en question, parce que si on nous a appris que nos ressentis ne valaient pas grand chose, nous estimons encore moins ceux des autres. Et tout cela inconsciemment, bien sûr. Pourtant, il n’est pas vraiment difficile de nommer ce que traverse l’autre (« je sais que tu es frustré.e /en colère /déçu.e ») et de verbaliser notre incapacité à réagir. Mais ce n’est pas ce qu’on nous apprend à faire. Enfin, je ne pense pas. Je n’ai pas encore compris quelle était l’attitude acceptable en société envers quelqu’un qui souffre (est-ce seulement acceptable d’extérioriser sa souffrance?), mais à travers mon vécu je me heurte souvent à des personnes qui veulent absolument se justifier, s’expliquer ou donner des solutions et des encouragements foireux, alors que l’émotion est là et ne demande qu’à être reconnue.

Je suis bien consciente que cette empathie « autistique », donc envahissante, peut-être instrumentalisée pour me faire accepter des comportements toxiques et manipulateurs (pour caricaturer: le mec qui dit « oui je te frappe mais je souffre, tu sais », ah bon bah si tu souffres oké, vas-y frappe-moi tranquille, posey). Il y a un passage qui aborde ce mécanisme sur le blog de Mawy -que-j’adore-d’amour. Je choisis dans ces cas-là de me « déconnecter » de la personne, de ne plus lui permettre d’interagir avec moi, de ne plus être à la merci de mon empathie. C’est un mécanisme drastique mais très efficace.

Je suis consciente que mon expérience ne reflète pas le vécu des autistes du monde entier, après tout chaque personne (autiste ou pas) aurait son mot à dire sur sa manière de vivre l’empathie. Ce qui est indéniable, en revanche, c’est qu’il existe une norme quand à la démonstration d’empathie. Certes norme nous en pâtissons, certes, mais nous contribuons aussi à l’abattre.

Chronologie d’un effondrement émotionnel

ma life, Non classé

Il y a des moments que les autistes connaissent très bien et redoutent plus que tout: les effondrements émotionnels.

ohmygod

Cela arrive pour de multiples raisons qui varient en fonction de chaque personne. En ce qui me concerne, les changements brusques et non-souhaités et la déception sont de gros déclencheurs. Les effondrements émotionnels prennent différentes formes en fonction de la situation mais en général ça se passe comme ça:

–  Un grand sentiment de vide s’installe sournoisement. Je ne ressens plus rien. Je suis un légume.

–  Je ne m’alimente plus, et cela pendant plusieurs jours. Je n’ai même pas faim, je perds tout lien sensoriel avec mon corps. Sauf peut-être l’odorat, au bout d’un moment je sens quand même que je devrais prendre une douche.

– Je ne sors plus de chez moi pendant des jours. Je pense que si je me laissais aller, si je n’avais pas un minimum d’obligations sociales, cela pourrait durer des semaines.

– Mon ordinateur est mon meilleur ami. Je ne communique avec personne, mais je regarde des trucs super nuls en streaming et lis des blogs BD.

– Je dors au moins 15h par jour. Être réveillée m’emmerde parce que je suis consciente. Je préférerais dormir, ne pas être vivante.

– Vu que je ne ressens rien, je me fais mal, pour au moins sentir si je suis encore vivante ou un truc dans le genre. Manque de bol, je suis hyposensible à la douleur externe. Alors oui, parfois c’est pas joli-joli.

– Je ne réponds évidemment plus aux appels ni aux SMS. Je fais semblant de ne pas être là si on sonne à ma porte. Socialement, pendant quelques jours, je n’existe plus.

– Je pense à la mort, et de manière plutôt sereine d’ailleurs. Dans ces moments-là, j’envie les gens qui meurent de manière douce et paisible. Les gens qui ne se ratent pas. Je me pose la question de comment faire pour ne pas traumatiser ceux ou celles qui retrouvent le corps. Comment s’assurer que ton animal domestique ne te bouffera pas. Des trivialités dans le genre. Je n’ai jamais envisagé sérieusement le suicide ni même fait une tentative, je précise pour les alarmistes.

– Je fume des clopes à longueur de journée et ne bois que du chocolat chaud.

Et puis, un jour, je retrouve des sensations. Je ressens à nouveau mon corps, c’est douloureux et en même temps merveilleux. Je renais de mes cendres -ou plutôt du canapé- je ferme mon ordi, j’ouvre la fenêtre pour aérer. Je commence à faire la vaisselle, à ranger, faire le ménage, jeter des ordures  à la poubelle, à laver les draps. Je quitte mon pyjama et prends une douche, mets des habits propres et vais faire quelques achats pour remplir le frigo. Je reprends contact avec le monde, petit à petit. Je réponds aux sms, rappelle les gens. Puis je quitte mon logement, mon cocon, pour repartir affronter la vie en commençant par un apéro au soleil, entourée de personnes que j’aime malgré mon semblant d’indifférence, et qui attendaient mon retour à la vraie vie sans me juger.

soleil